Gallerij Deweer

Tatjana GERHARD

Introduction

Ces dernières années, Tatjana Gerhard a développé une œuvre picturale très personnelle et puissante. Pour commencer, c’est le caractère plutôt inhabituel de son approche formelle qui saute aux yeux. De format petit ou moyen, ses toiles sont exécutées à la peinture à l’huile, étalée en fines couches souvent à demi effacées par la suite. Elles n’ont pas de titre. Les images sont figuratives, de tendance archaïque et naïve. L’univers ainsi évoqué est étrange, bien qu’il nous rappelle ces mondes inquiétants avec lesquels nous grandissons et vivons : contes de fée, atmosphères fantastiques, rêves, histoires, etc. Encore et encore, sans préparation perceptible, elle se confronte à la toile blanche et se met à y appliquer les couleurs. Et c’est alors, en peignant, qu’elle invente cet univers singulier qui lui est propre.

Tatjana Gerhard peint rapidement, esquissant de vagues contours et se limitant aux éléments essentiels. Ses peintures semblent obéir aux principes de l’écriture automatique surréaliste. Si le résultat est reconnaissable (nous comprenons plus ou moins ce que nous voyons), leur signification reste entourée de mystère. Quand on lui demande pourquoi ses peintures sont ce qu’elles sont et montrent ce qu’elles montrent, l’artiste n’a pas de mots pour le dire. Pourtant Gerhard ne se situe pas en dehors de l’histoire de la peinture. Elle sait à quel point la façon dont un peintre aborde le rapport entre le motif (la représentation reconnaissable) et le fond (l’espace pictural) est importante et essentielle. Gerhard joue avec ce rapport entre avant et arrière-plan. Des plages de couleur qui semblent à première vue faire partie des personnages représentés s’avèrent, quand on y regarde de plus près, appartenir à l’arrière-plan abstrait. C’est que l’artiste est fascinée par ce brouillage du lieu et de la signification des éléments picturaux.
Depuis que Gerhard s’éloigne, dans ses travaux les plus récents, des univers inquiétants du rêve et des contes de fée auxquels son œuvre antérieure était souvent associée, elle se distancie aussi de notre monde pour créer des peintures plus picturales, dramatiques et autonomes. Toujours sans suivre un programme bien défini, car Tatjana Gerhard continue à entamer ses peintures avec rien de plus qu’une bande oblique de couleur violette (ou autre) et en se laissant guider par sa seule intuition.

Deweer Gallery a introduit Tatjana Gerhard avec l’exposition individuelle « Als ob sie alles wussten » (2010). Celle-ci a été suivie par d’autres expositions solo au Helmhaus de Zürich (2010, avec catalogue) et au Centre Culturel Suisse de Paris (2011). En 2010, divers travaux de Tatjana Gerhard ont figuré dans deux grandes expositions thématiques présentées par des musées belges, « Public Private Paintings » (Mu.ZEE, Ostende) et « Hareng Saur - Ensor and Contemporary Art (Museum voor Schone Kunsten & S.M.A.K., Gand). En 2012, Gerhard est sélectionnée pour l’exposition « Meret’s Funken » (Kunstmuseum Bern) ; en 2013, le commissaire Jan Hoet l’invite à participer à « Middlegate Geel 2013 ». Sa deuxième exposition personnelle chez Deweer Gallery se tient en 2013, sous le titre « Die neuen Sterblichen ». Les peintures de Tatjana Gerhard figurent dans nombre de collections privées et publiques, dont celles du S.M.A.K. de Gand et du Kunstmuseum Bern.

www.tatjanagerhard.com